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  • Body in Motion, Travelling Bodies : Circulations du corps dans la littérature (...)

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  • Colloque : Body in Motion, Travelling Bodies  : Circulations du corps dans la littérature anglophone

    Affiche de l’évènement

    Des Canterbury Tales de Chaucer aux œuvres contemporaines portant sur les thèmes du voyage et des migrations, comme Crossing the River de Caryl Phillips, les "corps et les textes voyageurs" ont toujours été au cœur de la littérature anglophone. Les corps se transforment alors qu’ils traversent des frontières politiques, nationales ou culturelles. Les textes sur le corps se transforment également, traversant eux-aussi des frontières nationales et transculturelles à l’ère de la mondialisation. Par ailleurs, les processus de colonisation, de décolonisation et de mondialisation qui ont façonné le monde anglophone durant plusieurs siècles ont assurément contribué à redéfinir les manières de représenter et d’écrire le corps, en particulier les corps qui se déplacent et voyagent à travers des frontières réelles ou imaginaires, et/ou à travers le temps.

    Durant les XVIIIe et XIXe siècles, l’importance accordée au corps en mouvement était repérable dans le genre du récit de voyage et « l’écriture coloniale » en contexte anglophone. Chroniques, journaux de voyages, rapports d’expéditions ont en effet exploré la question du corps voyageur. Dans un article intitulé “An Introduction : Travel and Body” (2005), Marguerite Helmers et Tilar J. Mazzeo rappellent la centralité du corps dans le récit de voyage : “the implied presence of the body has been one of the ways in which travel writers guaranteed the authenticity of their accounts” (267). Plus récemment, Charles Forsdick effectuait le même constat dans le Routledge Companion to Travel Writing (2016). Les œuvres portant sur le Middle Passage, la Partition de l’Inde ou la génération Windrush ont également travaillé l’articulation entre corps et mouvement à travers la peinture qu’ils offrent de corps mouvants traumatisés, mutilés, et pour certains rendus « dociles » (Foucault). Les écrits postcoloniaux ainsi que ceux portant sur les migrations (cf. par exemple Travelling Towards Home : Mobilities and Homemaking, dirs. N. Frost et T. Selwyn, 2018) se sont également concentrés sur l’écriture de corps rendus inaptes, invisibles ou métamorphosés suite à des processus d’acculturation et de dislocation. Ces écrits suggèrent que le corps peut narrer des expériences de voyage socio-historiques indicibles, silencieuses et irreprésentables. Le corps mouvant peut aussi devenir un lieu de témoignage d’expériences liées à l’exil, à la traversée de frontières, à l’installation dans un pays autre que le pays natal. Il peut également apparaître comme lieu de résistance, d’agentivité (agency), de transgression, de reconstruction identitaire tout comme il est susceptible d’incarner des espoirs de libération et d’empowerment dans le pays d’accueil.

    Des ouvrages anciens comme celui de Mary Louise Pratt, Imperial Eyes (1992), ou d’autres plus récents tels Corporeality and Culture : Bodies in Movement (K. Sellberg, L. Wanggren, Routledge, 2015) témoignent d’un intérêt croissant pour ce champ de recherche. L’étude de ce “tournant corporel” (“corporeal turn”, selon l’expression de Maxime Sheets-Johnstone) a également conduit à l’émergence de nouveaux discours dans les champs des Trauma Studies, des études féministes, LGTBQ (Cotten 2012), ou encore dans les études portant sur le tourisme médical (Botterill, Pennings, Mainil, 2013) qui traitent par exemple de la circulation de fragments de corps ou de transplantations d’organes (cf. Bodily Exchanges, Bioethics and Border Crossing : Perspectives on Giving, Selling and Sharing Bodies, dirs. Erik Malmqvist et Kristin Zeiler, 2016). Toutefois, il existe un relatif manque de travaux sur l’articulation entre corps et mouvement dans les études sur la littérature anglophone malgré le fait que la circulation de personnes est plus manifeste que jamais et est largement en prise avec des questions liées à la race, au genre, aux rapports de pouvoir, etc.

    Cette journée d’étude vise à travailler la manière dont l’écriture des corps mobiles interroge les identités sociales ainsi que les discours sur la sexualité, la nationalité, la race, voire le terrorisme, tout comme elle produit de nouvelles subjectivités. Comment les circulations de corps sont-elles représentées et “performées” dans les littératures du monde anglophone ? Existe-il des modalités d’écriture du corps mouvant dans le contexte anglophone ? Comment les corps en mouvement transforment-ils potentiellement le récit de voyage et l’écriture migrante (migration literature) en langue anglaise ? Comment de telles écritures transforment-elles, ou du moins, influent-elles sur le corps et ses représentations culturelles ? Comment la modernité affecte-elle les représentations du corps dans l’écriture migrante ou celle produite par des réfugiés ?

    Cette journée d’étude se veut un espace de discussion ouvert aux chercheurs qui travaillent au croisement des études littéraires, des Mobility Studies et des études portant sur le corps dans le monde anglophone. Nous serions ravies d’entendre des communications qui traitent de ces corps en mouvement dans la littérature anglophone dans son ensemble, toutes périodes historiques et aires géographiques incluses. Cette journée d’étude est également ouverte à des présentations sur des projets en cours sur ces mêmes thèmes.

    En savoir plus :

    Téléchargez le programme

    Informations pratiques :

    Le 24 mai (10h-17h) et le 25 mai (10-12h30)
    L’événement se tiendra sur deux sites :

    • Musée d’art et d’histoire Paul Eluard, à Saint Denis
    • L’université Paris 8

    L’entrée est libre.

    Contact :

    Jaine Chemmachery : jaine.chemmachery@dauphine.psl.eu

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