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  • Chloé Paillard, de l’IEE au Sziget

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    Chloé Paillard, de l’IEE au Sziget

    Après l’Espagne et les États-Unis, Chloé a bouclé son parcours estudiantin à l’IEE par un stage en Hongrie. Et pas des moindres, puisqu’elle a su convaincre le Sziget, fameux festival international de musique implanté à Budapest, de faire appel à elle. Enthousiaste et polyglotte, Chloé revient sur une expérience qui se continue.

     

    Pouvez-vous nous présenter votre parcours universitaire avant de rejoindre Paris 8 ?

    J’ai d’abord suivi un DUT Techniques de commercialisation à Sceaux pendant lequel je suis partie un an en Espagne. J’ai continué mes études à l’IAE de Lille et obtenue ma licence en Marketing international, communication et culture. J’ai enfin rejoint Paris 8 pour effectuer le master Politique et gestion de la culture en Europe à l’Institut d’Études Européennes.

    Pourquoi avoir choisi de partir effectuer un stage à l’étranger ? Et pourquoi en Hongrie ?

    Durant mon master 2, je suis d’abord partie en échange à New-York. Je voulais absolument rejoindre la formation de l’IEE afin de ma familiariser à la gestion de projets culturels.L’obligation de réaliser un stage se mariait parfaitement avec la réalisation de mon projet professionnel. Le choix de la Hongrie relève du pur hasard. Mes travaux de recherche m’ont amenée à étudier les festivals européens, que j’ai parfois directement contactés afin d’obtenir des informations. J’ai, dans ce cadre, été en contact avec le manager du Sziget, un célèbre festival de musique se déroulant sur l’île d’Obuda, sur les rives du Danube. Le courant est bien passé, ce qui m’a encouragé à les contacter afin de leur proposer ma candidature. Un poste était libre et j’ai été embauchée pour cinq mois.

    Où étiez-vous basée ?

    Le Sziget est une énorme compagnie qui organise plusieurs festivals durant l’été (notamment un autre événement à renommée internationale, axé sur la musique électronique, qu’on peut considérer comme un « petit » Tomorowland) en Hongrie, mais nous sommes basés à Budapest. Je ne m’occupe que des artistes internationaux car je ne parle pas hongrois. Le Sziget collaborant avec nombre d’agences musicales, les festivals locaux profitent du carnet d’adresses afin d’attirer eux aussi des artistes internationaux.

    Quel était votre rôle ?

    J’étais chargée de production, et le suis toujours puisque j’ai été prolongée cette année. Le département de la production étant en contact avec les artistes et les équipes du festival (technique, communication, billetterie, etc.), nous assurons un gros travail de coordination, de collecte et de redistribution des informations. Ce afin d’organiser de la meilleure des façons le déroulé de l’événement. Nous gérons une soixantaine d’artistes uniquement pour le Sziget. Lorsque je suis arrivée, je terminais à peine mon master, j’avais vingt-trois ans. On m’a confié des responsabilités auxquelles je n’aurais pu prétendre nulle part ailleurs. J’ai rapidement été en contact avec d’énormes artistes. J’ai saisi cette opportunité et je pense avoir su faire mes preuves tout au long de la saison. Forcément, quand on m’a proposé de rempiler cette année, j’étais très motivée. 

    Au-delà de vos compétences, est-ce que vous pensez que cette confiance accordée aux jeunes est liée à l’état d’esprit du festival ?

    Je crois en effet que dans cette entreprise il est donné à chacun la chance de prouver ce qu’il vaut. Ils ne recherchent pas des individus avec un CV long comme le bras, ni quarante ans d’expérience. Un collègue français est un ancien ingénieur : il s’occupe désormais de la programmation du spectacle vivant. En France, je ne crois pas qu’il soit possible d’accéder à de tels postes en ayant uniquement fait des stages.

    Aviez-vous tout de même quelques expériences dans la production d’événements culturels ?

    J’ai commencé à partir de ma troisième année de licence, en participant à un festival de photographie. Puis j’ai été l’année suivante chargée de production des spectacles extérieurs à Versailles, et plus tard dans un festival de théâtre lors de mon échange à New-York.

    Comment avez-vous trouvé la ville de Budapest ?

    Comme je revenais de New-York, tout m’a paru beaucoup plus simple ! Les choses étaient nettement plus facilement accessibles, les gens sympathiques, et j’ai loué un appartement très rapidement. Le coût de la vie est nettement inférieur à celui de la France, ce qui permet de se faire davantage plaisir au quotidien. Je n’ai eu aucune difficulté à rencontrer des gens, car il y a une grosse communauté d’expatriés à Budapest. C’est finalement une ville très internationale. Néanmoins, la langue reste un véritable obstacle qui, à la longue, peut peser.

    Avez-vous rencontré des locaux ?

    Nous ne sommes que trois « internationaux » au Sziget. Nous échangeons certes en anglais avec les Hongrois, mais beaucoup d’échanges nous échappent. La communication est donc très limitée, d’autant que les anciennes générations ne parlent qu’hongrois. Je dois dire aussi que les Hongrois sont un peu spéciaux…

    La ville de Budapest est-elle représentative du reste de la Hongrie ? Est-ce que vous avez ressenti concrètement les effets de la politique de repli dictée par Viktor Orban ?

    Budapest étant la capitale, la population y est naturellement plus ouverte. Pour le reste du pays, c’est différent. Je pense que les anciennes générations n’apprécient pas forcement la présence d’étrangers et ils ne se cachent pas pour nous le faire sentir. Heureusement les jeunes sont, comme dans le monde entier, plus tolérants.

    Avez-vous eu le temps de découvrir toutes les richesses de Budapest ?

    J’ai la chance de travailler dans l’univers du spectacle. Je suis constamment informée des différents événements, et j’assiste de fait à beaucoup de concerts. La scène nationale hongroise est particulièrement vivante, de nombreux styles de musique sont représentés. La programmation d’artistes internationaux est conséquente, c’est vraiment génial. Pour le reste, il y a quelques musées, mais la plupart des expositions sont permanentes.

    Avez-vous eu le temps de voyager ?

    Deux de nos festivals sont organisés au bord du lac Balaton, ce qui nous permet d’allier l’utile à l’agréable. J’ai visité quelques villages mais la Hongrie est un pays très plat, n’offrant pas une grande diversité de paysages. Sa position centrale en Europe permet d’être à quelques heures de vol de capitales européennes comme Vienne, Prague, Bratislava… Les prix des billets d’avion sont abordables, j’essaie d’en profiter.

    Quels sont vos projets à l’avenir ? Poursuivre dans la production d’événements culturels ?

    Pour l’instant, je travaille dans les festivals l’été et je voyage pendant l’hiver. Le poste de chargé de production est difficile : le salaire n’est pas mirobolant et il faut pouvoir enchaîner les heures. Bien souvent, je travaille dans l’urgence et les heures précédant l’ouverture du festival sont très intenses. Toutes les informations sont transmises dans les derniers instants, malgré nos efforts pour essayer d’anticiper. Mon souhait ultime serait de travailler à la programmation, mais cette position me semble difficilement accessible, au vu de mon expérience, avant quinze ou vingt ans…

    Je pense que je vais continuer de me laisser porter par le hasard des opportunités ! Cette expérience me permet de parfaire ma connaissance des corps de métier qui existent dans le milieu de la musique. J’aimerais bien être « tour manager » et partir pour une tournée avec des artistes pendant plusieurs mois. Néanmoins, je vadrouille beaucoup depuis mes débuts à l’université. Peut-être que rentrer en France ne serait pas une mauvaise idée. Changer de ville tous les six mois présente des avantages, mais il est vrai qu’il faut investir beaucoup d’énergie pour rencontrer des gens, participer à des activités et parvenir à créer des affinités… Cela peut peser par moment. J’ai des amis hongrois – géniaux – mais ils ont aussi leur vie ici, leur famille, donc très naturellement ils ont moins de temps que nous expatriés. Cela reste quand même une expérience enrichissante qui permet de pratiquer des langues, d’ouvrir son réseau à l’international, de s’immerger dans une nouvelle culture, etc. Il ne faut donc pas se dégonfler !

    Quels souvenirs conservez-vous de Paris 8 ?

    J’ai vraiment adoré la formation dispensée par l’IEE. Beaucoup de nos enseignants étaient des professionnels qui, par à leur connaissance du terrain, pouvaient nous transmettre un savoir directement relié aux réalités. Par ailleurs, Paris 8 a noué de nombreux partenariats avec des structures culturelles. Ainsi, chaque semaine, nous étions invités à assister à des événements que je n’aurais pas fréquentés hors de ce cadre. Enfin, autre atout, nous choisissions les cours en fonction de nos aspirations professionnelles et de nos goûts.

     

    Entretien réalisé par le service communication.

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