Colloque international - Écrivaines, écrivains au musée XIXe-XXIe s.



Musée : le lieu s’éclaire de la présence des œuvres. Soit qu’à leur avantage, il passe à la trappe, s’efface et se fasse oublier ; soit qu’au contraire, il s’impose dans son rayonnement et son autorité, et vaille pour lui-même. Est-ce un tableau que l’on vient voir, est-ce un endroit que l’on veut découvrir ? Quel espace étrange, quel lieu singulier ! Comment la littérature y pénètre-t-elle ? À petits pas, grandes enjambées ? En silence, bruyamment ? Faut-il s’y rendre seul ou entouré. S’y trouve-t-on épanoui devant les toiles, admiratif, enthousiaste, crispé, radieux, ennuyé, stupéfait, intimidé, pompette, impatienté ? Du reste, écrivaines, écrivains, est-ce le même pas ? Est-ce le même regard ? La question passe dans le genre du mot lui-même, puisqu’on dit « le » Musée, quand on parle de « la » Montagne des Muses, de « la » Maison des amis, des enfants, des esprits.
 
Il reste que le grincement du parquet pénètre l’œil qui regarde. Un rêve sexuel aiguise la vue. Un trait sanglant rappelle que le musée est aussi le lieu du crime, que des fantômes y traversent la nuit, qu’à l’affut du colloque des toiles, écrivains, écrivaines risquent leur raison.
 
Il est possible de poser la question autrement : à quoi le visiteur s’expose-t-il ?
 
De quelles émotions, dans leur rapport au Musée, écrivaines, écrivains portent-ils témoignage ? Il s’agit ici du plus intime, de l’intimité d’un rapport, d’un usage personnel du musée, qui veut s’élucider. D’autant que si la peinture y est comme chez elle, si les œuvres exposées y sont tout à leur aise, la littérature au musée demeure une étrangère. Mais l’être de passage – si bien nommé le visiteur - voudrait tout de même garder un peu la main. Peine perdue. Le combat est inégal. La souffrance et la dette sont perpétuelles. Au Louvre, dans son rapport avec la toile, Bergotte meurt aux pieds de la vue de Delft.
 
Qui se souvient de la couleur du canapé d’où l’écrivain roule par terre ?
 
C’est qu’interroger le musée revient à questionner la façon dont la littérature recrée le dialogue entre les œuvres, à mesurer non seulement l’action qu’elles exercent sur la spectatrice ou le flâneur, mais le lien qu’entretiennent avec elles gardiens et gardiennes des lieux, tandis que le monde alentour se laisse découvrir par la fenêtre.
Affiche
Programme

Organisation :
10 décembre 2019 : 09h00 - 18h00

1ère journée

Université Paris 8
Maison de la recherche
Salle MR002, Amphithéâtre

11 décembre 2019 : 09h00 - 19h00

2ème journée

Musée du Louvre
Salle D80, Auditorium

12 décembre 2019 : 09h00 - 17h30

3ème journée

Musée du Louvre
Salle D80, Auditorium

Inscription obligatoire pour les journées au musée du Louvre

Contacts :
Martine Créac’h
martine.creach@univ-paris8.fr
Patrick Wald Lasowski
pawalas@hotmail.com

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