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    Guelfo Ascanelli, cuisine cinéphile

    Guelfo Ascanelli travaille à la programmation de la Cinémathèque française, après avoir obtenu il y a une dizaine d’années un master Valorisation des patrimoines cinématographiques et audiovisuels. Il évoque la stimulante mais épineuse construction d’une rétrospective, et remonte aux origines de son attrait pour les cinémathèques.

     

    « Ça tu peux le mettre, c’est important. J’étais mauvais élève, je n’arrêtais pas de foutre le bordel ». Il y a, ce jour, et pas uniquement dans les souvenirs turbulents de Guelfo Ascanelli, comme un joyeux parfum foutraque qui a embrumé l’espace de la cinémathèque française, vénérable institution qu’on imaginait pourtant moins dissipée. L’ascenseur est hors-service. Il faut grimper à la force des mollets jusqu’au huitième étage, qui, savoureuse consolation, offre une vue splendide sur la capitale. Notre hôte oublie de nous présenter une de ses collègues, qui lui fait gentiment remarquer, indique, au détour d’un couloir, le bureau de Jean-François Rauger, directeur de la programmation, et nous conduit sur le balcon (il faisait beau à l’époque). Il s’attable, asperge sa « gamelle » (prononcer « gamèlllllé ») d’huile d’olive après avoir précautionneusement enfilé un tablier. C’est à la bonne franquette. « Si tu prends une photo de moi maintenant, j’aurai tout perdu », prévient Guelfo Ascanelli.

     

    Anarchie contrôlée

     

    Il y a effectivement un risque à déconstruire une trajectoire façonnée pour être au cœur de la transmission, celle des films en l’occurrence. Au cours d’études de lettres classiques « ennuyeuses », Guelfo s’arrange toujours pour choisir des cours en relation avec le cinéma. Son cursus universitaire transalpin se conclut à Bologne par une thèse sur Buñuel et la littérature espagnole. Guelfo passe déjà beaucoup de temps dans la cinémathèque de la ville, incontournable en Europe pour la qualité de son travail de restauration. Au cours d’un stage en France, il entend parler du master Valorisation des patrimoines cinématographiques et audiovisuels de Paris 8. Banco. Il a toujours rêvé de travailler à la programmation : « Je n’ai jamais vraiment été intéressé par l’aspect artistique d’un film. Je ne rêvais pas d’être cinéaste, ni d’être acteur ou scénariste. Je voulais voir un film et essayer de le montrer aux autres. » Guelfo, esprit libre, a trouvé son terrain d’apprentissage idéal à Saint-Denis. Car il goûte assez peu d’être harnaché : « C’était très stimulant. J’ai beaucoup aimé la forme d’anarchie contrôlée qui régnait à Paris 8. Chacun était libre de construire son parcours. Il fallait seulement être responsable de soi-même. »

     

    Du MoMA à la Cinémathèque

     

    À la sortie de Saint-Denis, direction l’Espagne, qu’il a déjà apprivoisée pendant une année d’échange universitaire madrilène. Ce sera cette fois Saint-Sébastien et son festival de cinéma, l’un des plus importants d’Europe. Guelfo donne un coup de main à l’élaboration de deux rétrospectives mettant à l’honneur le cinéma classique, et dédiées à Richard Brooks et Mario Monicelli. Puis c’est le MoMA (Museau of Modern Art), à New-York, pour « la programmation d’un cycle dédié au cinéma arabe expérimental et un autre à Bernardo Bertolucci ». La liste des établissements prestigieux s’agrandit. Guelfo, qui se revendique nomade grâce à sa curiosité, coche encore le festival du film de Rio, la Cinémathèque de Madrid et l’Institut Louis Lumière à Lyon, lorsque Quentin Tarantino, invité d’honneur, y fait son show. Son pedigree a de l’allure, mais il lui manque un petit quelque chose. Il rejoint donc en 2014 la Cinémathèque française, alors dirigée par Serge Toubiana. Depuis l’arrivée de Frédéric Bonnaud il y a un peu plus d’un an, Guelfo se fond à la volonté de démocratisation chère à son nouvel amiral : il faut attirer un public plus large, si possible jeune, multiplier l’événementialité autour de la séance de cinéma – présentation du film, débat avec le réalisateur, avant-première, etc. – et faire de ce lieu culte qui est un temple, un temple en mouvement. L’exposition en cours rue de Bercy va dans ce sens, puisque le défunt scénariste de bandes dessinées René Goscinny voit son rapport au septième art mis sous les projecteurs jusqu’au 4 mars. Si sa marge de manœuvre est encore limitée par son intégration récente à la programmation, Guelfo a déjà pu susurrer quelques idées, qui trahissent son appétence pour le cinéma italien, même s’il regrette pour l’instant de méconnaître l’historique des rétrospectives. Il est néanmoins à l’origine de celle consacrée à Vittorio Cottafavi, emblématique d’un certain cinéma de série B, « un grand intellectuel qui faisait du cinéma populaire ». Il place d’ailleurs au plus haut de son panthéon cinéphile les quelques Fellini, Visconti, de Sica, Pasolini… même s’il s’intéresse au cinéma contemporain, avouant s’être récemment régalé en découvrant le travail du réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho.

     

    Guelfo, toujours désireux d’un ailleurs, s’évade actuellement en apprenant le grec contemporain. Et puis, « sinon, qu’est-ce que tu veux que je te dise, je suis comme tout le monde, j’essaie de survivre. »

     

    Visiter le site du département Cinéma.

    Visiter le site de la Cinémathèque française.

    Article réalisé par le service communication.

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