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  • Témoignage d’Olivier Pastré, pour Bernard Maris

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  • Oncle Bernard : tu nous manques déjà

    Dieu - sic -
    sait que tu m’énervais parfois. Pourquoi fallait-il que tu pousses parfois trop
    loin tes critiques les plus pertinentes sur les dysfonctionnements de
    l’économie de marché mondialisée ? Pourquoi fallait-il que tu désignes certains
    tenants de la pensée néo-libérale comme bouc-émissaires si faciles à
    « dézinguer » ? Tu étais trop talentueux pour, dans certains
    cas, te laisser aller à de telles facilités. Tu avais par ailleurs quatre
    immenses qualités qui font, pour certaines, défauts à tant de tes confrères

     

    D’abord si tes
    propositions étaient parfois critiquables, voire à mes yeux, ridicules, ton
    diagnostic l’était rarement. Par ailleurs, tu étais pédagogue. Tu maîtrisais l’économétrie
    mais tu n’en étais pas le valet. Ce que tu voulais c’est te faire comprendre du
    plus grand nombre. Suivez mon regard...

     

    Troisième
    qualité, tu étais cultivé et c’est là que tu te distinguais le plus de la
    plupart de tes « confrères ». Tu connaissais l’Histoire. Tu aimais la
    philosophie. Tu savais même décrypter la peinture et la musique. Ton « Antimanuel
    d’Economie » en deux tomes ( Bréal, 2003) est, de ce point de vue, un
    modèle d’analyse économique lumineux (au sens du XVIII ème siècle).

     

    Enfin tu étais
    drôle - et là le fossé se creuse encore plus. Mais faut-il à tout prix être
    sinistre pour parler d’économie ? Ne peut-on pas avec un bon dessin (mes
    pensées vont à la famille de mon ami Charb) ou un bon mot faire plus qu’un long
    discours ?

     

    « Oncle
    Bernard » (ton « pseudo » dans Charlie Hebdo), tu nous manques
    déjà. Tu étais favorable à la sortie de la Grèce de l’Europe. Tu étais - comme
    moi - pour une immigration contrôlée mais massive. Tu étais contre toutes les
    lois Macron. Tu étais donc essentiel aux débats que la France va avoir à ouvrir
    et nourrir en 2015. A ce titre, tu étais très utile à ton pays que tu aimais,
    cinquième vertu dont certains « paons » économiques actuels ne
    peuvent pas se parer.

     

    A l’heure ou
    l’école française d’économie se distingue à l’échelle mondiale avec Thomas
    Piketty et Jean Tirole (qui, à ma connaissance, t’apprécieraient tous deux), tu
    mériterais de figurer sur le podium. Pour ta soif de connaissance et pour ton
    non conformisme (creuset de tout progrès scientifique).

     

    Quelles que
    soient nos tropismes intellectuels, je pense ainsi que tous les économistes
    français dignes de ce nom peuvent fièrement aujourd’hui affirmer pour faire pièce à la
    barbarie « Nous sommes Oncle Bernard ».

     

     

    Olivier
    Pastré

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