15h. Barbara Cassin (CNRS) – Pluralité et relativisme : quelques remarques pour une Europe à partir de Hannah Arendt
16h-18h. Table ronde, présentée par Emilienne Baneth-Nouailhetas et Claire Joubert : Quelle Europe de la connaissance ?
Le Texte étranger, groupe de la recherche en littérature anglaise (composante de l’UPRES/EA 1569 – Transferts critiques et dynamique des savoirs, domaine anglophone, Université Paris 8) et TRANSITIONS, Centre de recherche international en sciences humaines (UMI 3199, CNRS/NYU), s’associent dans ce séminaire commun pour explorer les points névralgiques à l’intersection de leurs démarches respectives : émergences de l’étranger dans le texte anglophone ; effets de multilinguisme et feuilletage de l’histoire coloniale et postcoloniale ; le littéraire comme travail historique de l’altérité dans les langues ; poétique et politique de la culture ; politique des sciences de la culture en contexte de postcolonialité et de mondialisation.
Cette journée d’étude conclut le programme 2007-2009 du séminaire : « Quelle ‘société de la connaissance’ ? Vocabulaire et institution/s », dont l’argumentaire développé est en ligne :
Il s’agissait retourner le cadre proposé par la politique européenne dans le contexte de compétition mondiale du capitalisme cognitif (concentrée dans la « stratégie de Lisbonne » de l’Union Européenne) sur son envers : à la perspective d’une « société »/économie de « la connaissance », renvoyer la question des savoirs sur la société. Tenter de rouvrir, et de maintenir ouverte, la question de savoir quelle société est produite par quelle connaissance : quelle démocratie, quels internationalismes, par quelles pratiques et quelles institutions disciplinaires, intellectuelles, culturelles.
Les nouvelles mobilisations universitaires de l’année 2009-2010 ont donné à ces travaux une pertinence très particulière, et ont construit un contexte de réflexion dont va pouvoir bénéficier cette journée de conclusion : contexte qui s’est effectivement largement ouvert, au cours des débats sur les réformes de l’université, sur la nature de la jointure entre épistémologique et institutionnel ; savoir et pouvoir.
Ce sont ces enjeux de politique des savoirs contemporains sur les cultures que nous voulons approfondir ici dans l’épaisseur historique de certaines de leurs lignes généalogiques : les figures de Adam Smith, Wilhelm von Humboldt, Hannah Arendt (et Google) et Emile Benveniste, mis au programme de la journée d’étude, permettent de réfléchir aux rapports entre savoirs du langage et de la culture (rhétorique, philologie, linguistique), démocratie libérale et néolibéralisme, et constitution culturelle historique de l’Europe.
En ce sens, la journée inaugure aussi le programme 2009-2011 du séminaire : « Le ‘postcolonial’ comparé : anglophonie, francophonie » – où il s’agira de construire un comparatisme qui permette de mettre en relief les tensions et les enjeux des pensées contemporaines du rapport international en contexte de mondialisation. La visée sera de tenir bien visible ce champ de question – question du rapport entre culture et (géo)politique ; savoir et pouvoir – comme champ de luttes et d’histoire.