Colloque : Regards croisés sur le cinéma coréen : formes, représentations, diffusion


Regards croisés sur le cinéma coréen : formes, représentations, diffusion


 
 
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Les traces de la présence des films coréens sur les écrans français sont nombreuses, hétérogènes et couvrent plus d’un siècle de cinéma. Pourtant, à notre connaissance, aucune étude systématique et croisant les différents acteurs, n’a été à ce jour encore effectuée. Si en France l’intérêt pour le cinéma coréen a été plus ponctuel, depuis les années 1990 il fait l’objet d’un vif intérêt tant du côté de la critique que du public, comme en témoignent les festivals et rétrospectives qui lui sont consacrés, ainsi que la diffusion de sa production sur le territoire français.
Auparavant, la présence de cinéma coréen sur les écrans français se limitait aux quelques films ayant connu un relatif succès, tel "Pourquoi Bodhi Dharma est parti vers l’Orient ?" de Bae Yong-Kyun sorti en 1989.

Plus que la distribution en salles, ce sont plutôt les festivals qui ont progressivement introduit la production coréenne. Ainsi, l’édition de 1986 du Festival des 3 Continents de Nantes présente un panorama du cinéma coréen avec 13 films au programme : "Argent" de Kim So-Dong (1958), "La Bonne" de Kim Ki-Young (1960), "Les Femmes insectes" de Kim Ki-Young (1960), "Le Village des brumes" de Im Kwon-Taek (1983), etc.
Il faut penser que ce premier essai a été un succès, puisque les années qui ont suivi présentent régulièrement des films coréens et pour l’édition de 1989, c’est Im Kwon-Taek qui est mis à l’honneur avec 11 films.
À la fin des années 1980, le Centre Culturel Coréen de Paris commence une programmation de films plus soutenue. Il a fallu, cependant, un lieu prestigieux comme le Centre Pompidou pour donner le coup d’envoi à toute une série d’initiatives autour du cinéma coréen.
Critiques et historiens voient un tournant décisif dans la grande rétrospective de 1993 organisée par Adriano Aprà qui a permis de faire découvrir au public français près d’une centaine de films. De facto, les rétrospectives se multiplient (au Festival d’Automne de Paris de 1999, plusieurs à la Cinémathèque française à partir de 2001, au Palais de Chaillot en 2005, à la Filmothèque du Quartier Latin en 2008, à la Cinémathèque de Toulouse en 2010, etc.).
Parallèlement, des prix internationaux permettent de faire connaître en France, et dans le monde entier, des réalisateurs tels que Im Kwon-Taek qui a remporté le prix du meilleur réalisateur en 2002 au Festival de Cannes, pour son film "Ivre de femmes et de peinture" ; Park Chan-Wook avec le Grand Prix pour "Old Boy" à Cannes de 2004 ; Kim Ki-Duk pour le prix du meilleur réalisateur, à la fois au Festival de Berlin pour "Samaritan Girl" et à Venise pour "Locataires" en 2004, et en 2012 il remporte le Lion d’Or au 69ème Festival de Venise, pour son film "Pietà" ; Lee Chang-Dong qui a reçu le prix du meilleur scénario en 2010 pour "Poetry".
Les films coréens sont également de plus en plus présents, et parfois primés, dans les festivals consacrés au cinéma asiatique ou aux genres (Deauville, Vesoul, Le Festival du film de Morteau, L’Étrange Festival, le Festival du cinéma fantastique, Extrême cinéma, etc.) et désormais des nouveaux festivals fleurissent presque chaque année : l’Agora du cinéma coréen (à Rouen depuis 2005), le FFCP (Festival du cinéma coréen à Paris, depuis 2006) ; le Festival du cinéma coréen de Strasbourg (depuis 2013) ; Focus Corée (dédié au documentaire coréen indépendant, depuis 2014) ; Festival Printemps Coréen (Nantes, depuis 2014), etc.
Des salles en province (Ciné ville de Lorient en 2004, Ciné Poche Le Mans en 2013, La Palette de Tournois en 2013, etc.) proposent de partir à la « découverte de la Corée ». Deux films ont sans doute contribué à vivifier cet intérêt pour le cinéma coréen : "Ivre de femmes et de peinture" avec 400.000 entrées et "Locataires" projeté dans 40 salles à Paris.
 
Des thèses de doctorat suivies par des publications, parmi lesquelles celles des participants à ce colloque, ont contribué à la connaissance de son histoire et de son esthétique. Néanmoins, malgré les ouvrages coréens, pourtant nombreux dans ce domaine mais non traduits en français, nous manquons d’un regard interne autorisant une analyse comparative. Ce colloque réunissant des spécialistes coréens et français propose de confronter regards lointains et regards proches.
 

Informations pratiques


22 octobre 2015 - de 10h00 à 18h00
& le 23 octobre 2015 - de 09h30 à 20h00
Ecole nationale Louis Lumière - Cité du cinéma
20 rue Ampère, La Plaine Saint-Denis
Organisé par ESTCA (Paris-8), Ecole Nationale Louis Lumière dans le cadre de l’Année France-Corée 2015
Accès gratuit sur inscription / Free register : http://coreancinema-louislumiere.eventbrite.fr

 

Contacts


Joël Augros - joel.augros@univ-paris8.fr
Giusy Pisano - giusy.pisano@gmail.com
recherche@ens-louis-lumiere.fr
 
8 octobre 2015 : 00h00 - 00h00

Malgré une reconnaissance croissante de la qualité et de la diversité du cinéma coréen parmi le public français, peu de travaux se sont intéressés à ce cinéma dans sa globalité. Cet événement, qui sera suivi d'un colloque en 2016 en Corée, est l'occasion de mêler approches et regards de chercheurs français et coréens pour étudier de façon approfondie les divers aspects esthétiques, historiques et économiques de ce cinéma.
Ecole nationale Louis Lumière - 20 rue Ampère, La Plaine Saint-Denis

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