Séminaire International et Interdisciplinaire de Recherches Spinozistes



Séminaire International et Interdisciplinaire de Recherches Spinozistes, 2014-2015


Organisé par Charles Ramond et Jack Stetter, avec le soutien de la Commission de la Recherche (ex CS) de Paris 8 et de l’EA 4008 LLCP
 
 
Affiche Spinoza à Paris 8

 
 

Présentation du Séminaire


La figure de Spinoza a été présente dès l’origine de la création de l’Université de Vincennes. Spinoza était
pour Deleuze « le Christ des philosophes ». Badiou, dans des entretiens récents, déclare s’approcher
toujours plus d’une vision spinozienne de la subjectivation et des affects de joie, dont il compte faire la
matière du troisième volume de L’Être et l’Événement.
 
La confrontation des thèses de Foucault et de
Spinoza est maintenant de mieux en mieux instruite. La réflexion de Rancière sur les « mécomptes »
démocratiques, ou les analyses de Lyotard (par exemple dans "Pourquoi philosopher ?") croisent,
rencontrent, discutent, les thèses de Spinoza.
 
L’ambition du Séminaire, conformément à l’orientation
contemporaine et internationale de l’Université de Paris 8, sera d’accueillir le meilleur de ce qui se publie
aujourd’hui non seulement en philosophie sur Spinoza, mais autour ou à propos de Spinoza dans tous les
champs du savoir, de la connaissance et de la création.
 
 

Prochaine séance


Jeudi 19 mars : André TOSEL : « Spinoza pour Marx et les Marxismes : un chantier ouvert »

 
 
Nous manquons d’une étude
d’ensemble sur l’appropriation par Marx de la pensée de Spinoza. Une double
approche serait nécessaire : philologique et philosophique. La première
recenserait les occurrences explicités de Spinoza dans le recherche en devenir
de Marx et évaluerait leur portée ; 
la seconde interpréterait la présence implicite à l’état pratique la
pensée spinozienne dans les problématiques marxiennes, par-delà les thèses
générales concernant l’immanence, le matérialisme, la causalité, la critique de
la métaphysique et de la théologie, l’anthropologie des affects et
l’émancipation. Engels est présent en contrepoint avec sa recherche du
« dialectique » dans la nature. Il est de fait que la référence à
Spinoza est effective dans les marxismes de la Seconde Internationale (le russe
Georgi Plekhanov et la conception matérialiste moniste de l’histoire, proche
d’Engels, l’italien Antonio Labriola et l’immanence des pratiques, qui suit la
voie non engelsienne d’une philosophie « travailliste » de la
praxis).
 
À chaque fois il s’agit du débat
sur ce qu’est on n’est pas la philosophie de Marx. Mais il faut attendre
l’intervention de Louis Althusser qui coïncide avec le renouveau des études
spinoziennes en France (Guéroult, Matheron et surtout Deleuze) pour que la
référence à Spinoza devienne constitutive de ce qui a été l’ultime
réélaboration d’ensemble de la pensée marxiste , dans la perspective d’une
relance du mouvement révolutionnaire en occident après celle de Gramsci (dont
la pensée n’agit qu’après les années cinquante) Là encore rien n’est simple
parce que la recherche inachevée et tourmentée d’Althusser, en syntonie avec
celle de certains de ses anciens élèves, fins connaisseurs de Spinoza
(Macherey, Balibar), s’articule en plusieurs moments.
 
Nous nous centrerons sur
Althusser chez qui la référence à Spinoza est à la fois permanente et
relativement développée : Quelle fonction a la théorie de la connaissance
spinozienne dans l’épistémologie de Pour
Marx
et de Lire Le Capital ? Quel Spinoza insiste dans les textes des
années 1968-1978 où Althusser critique son théoricisme antérieur et cherche à
purifier Marx de son téléologisme messianique et à produire le concept de
pratiques insuffisamment analysées, la politique et l’idéologie ? Quel Spinoza
fait encore retour au sein du matérialisme de la rencontre qu’Althusser propose
dans la phase ultime de sa parabole comme expression adéquate du seul
matérialisme effectif ? En quoi Spinoza peut-il aider à penser une
conjoncture inédite où l’histoire a fait le vide des certitudes du mouvement
ouvrier et liquidé les marxismes ?
A. Tosel.
 
André Tosel est Professeur des
Universités émérite en
Philosophie de l’Université de Nice-Sophia Antipolis. Spécialiste
internationalement reconnu de Spinoza et de Marx, auteur du classique Spinoza
ou le Crépuscule de la Servitude : Essai sur le Traité
Théologico-Politique (1984), il a publié récemment Un Monde en Abîme ? Essai sur la Mondialisation Capitaliste
(2008), Le Marxisme du XXe siècle
(2009), Spinoza ou l’autre (in)finitude (2009),
Scénarios de la Mondialisation Culturelle
(2 vol., 2011).

 
 

En savoir plus


Contacts : Charles Ramond et Jack Stetter 
 
 

Informations pratiques


Jeudi 19 mars 2015 (en remplacement de la séance du 22 janvier 2015)
De 18h à 20h
Salle C005
 

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