1mois, 1expo : Selma Beaufils - Février 2026



Mis à jour le 5 février 2026
Crédit photo : Selma Beaufil / Reprise.
 
Selma Beaufils expose son travail sur le campus de Saint-Denis au cours du mois de février 2026, dans le cadre du dispositif 1mois, 1expo. 
 
Pratiquement déterminante de l’identité féminine, la colère qui résulte des violences misogynes peut devenir le leitmotiv artistique. De cette condition de femmes et du traumatisme générationnel qu’elle engendre, naît ici est une proposition pour cicatriser avec, et non contre.

A propos de l’artiste


Selma Beaufils est photographe et scénariste, née en banlieue parisienne et actuellement basée en France. Sa pratique artistique s’articule autour de la condition féminine, des violences ordinaires et des traumatismes générationnels qui traversent le corps et les récits. À travers la photographie et l’écriture scénaristiques, elle développe un travail de mise en scène où la colère devient un outil de réappropriation politique et sensible.
 
Après une formation en faculté de cinéma, Selma Beaufils poursuit aujourd’hui son parcours à l’INSAS. Elle y affirme peu à peu un univers visuel sensible, nourri par une volonté de travaux collectifs et de créations inclusives. Sa démarche repose sur la rencontre, celle des corps, des voix et des histoires réunies au sein de projets communs.
 
Le travail de Selma Beaufils s’attache à faire émerger des figures féminines incarnées loin de l’abstraction ou du symbole. En mettant en scène des situations familières, parfois banales, elle explore la manière dont la violence s’inscrit dans le quotidien et comment l’image peut devenir un lieu de reprise et de déplacement du souvenir.

A propos de la série


Reprise est né d’une colère profonde face aux violences misogynes passées sous silence. Des paroles apparemment anodines aux abus plus explicites, ces expériences ont laissé des traces durables, façonnant les corps et les comportements et imposant, selon l’artiste, une forme de « rachitisme de la prise de parole ». Cette colère, héritée et collective, devient le point de départ d’un travail de remémoration et de renversement.
 
La série se compose de trois ensembles photographiques que sont Avec les dents, Ahahahah Miam Miam et Tout est bien qui finit bien et qui rejouent respectivement des instants de violences ordinaires dans l’espace public, à la table familiale ou au sein du foyer. À travers la répétition et la caricature, Selma Beaufils met en scène ces situations jusqu’à l’inconfort, révélant leur absurdité et la violence qu’elles dissimulent derrière leur apparente normalité.
 
L’image et l’esthétique deviennent un outil critique et performatif. Par l’usage du flash frontal, des couleurs saturées et d’une iconographie volontairement décalée, Selma crée un contraste entre la légèreté apparente des images et la gravité de ce qu’elles racontent. Les scènes oscillent entre espace intime et espace social et exposent des figures féminines assignées à des rôles normés, prises dans des jeux de pouvoir absurdes.
 
Avec Reprise, le rapport de force se déplace. Celle qui était assignée au silence rejoue la scène, reprend le contrôle du récit et expose l’abuseur à son propre inconfort. En transformant le souvenir en acte artistique, Selma Beaufils interroge la possibilité de faire de la colère un outil de réappropriation et de la mémoire traumatique un espace de résistance et de réparation collective. Développé dans une dynamique de création partagée avec Thomas Ding, Diane Bernold et Lise Dufour, le projet interroge la photographie comme un lieu de reconstruction commune.
Crédit photo : Selma Beaufil / Reprise

Informations pratiques

Campus de Saint-Denis.

Pour suivre le travail de Selma Beaufils :
 Instagram : https://www.instagram.com/selmabeaufils/
 Site web : https://selmabeaufils.com/

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