L’usage des corps


Séminaire de Giorgio Agamben organisé par le département philosophie
 
 
 
 
Vendredi 2 décembre 2011

Amphithéâtre B1
 
 
 
Au cours de l’année 2011, le professeur Giorgio Agamben présente à
l’université Paris 8 ses recherches en cours dans une série de
séminaires publics et autres activités ainsi que dans le cadre d’un
projet de partenariat européen en philosophie contemporaine qui associe
l’Université Paris 8 au Center for research on modern european
philosophy (CRMEP, Université Kingston) et à l’Internationales Kolleg
für Kulturtechnikforschung und Medienphilosophie (IKKM, Université
Weimar). Dans le premier de ces séminaires (hiver 2011) Giorgio Agamben a
abordé la question d’une "archéologie du commandement et de la
volonté". Le deuxième (printemps 2011) a porté sur "La naissance des
règles" et a pris pour thèmes les règles monastiques, la pauvreté et la
forme de vie de Basile à François. La première séance du troisième
séminaire a introduit vendredi 14 octobre la question générale d’une
ontologie de l’usage. Ayant rappelé la stratégie précédemment étudiée
par laquelle les Franciscains avaient fait de l’usage une notion leur
permettant de revendiquer une vie hors droits (et notamment en dehors
du droit de propriété), Giorgio Agamben a repris cette année la notion à
partir de la théorie aristotélicienne de l’esclave dont Aristote dit
qu’il est celui dont l’oeuvre (ergon) est l’usage du corps (sômatos
chresis). Soulignant les précisions aristotéliciennes qui font de la
relation du maître à son esclave une relation de commandement despotique
(économique et non pas politique) laquelle contient quelque chose de la
relation de l’âme au corps (et non pas de la raison à l’intellect), et
s’appuyant sur la lecture de V. Goldschmidt ("La théorie
aristotélicienne de l’esclavage et sa méthode" Zetesis,Utrecht 1972) qui
a établi qu’Aristote procède à cette occasion depuis l’essence vers
l’existence pour se demander s’il existe un corps pour correspondre à la
définition, Giorgio Agamben propose de se pencher sur une double
particularité : (1) l’approche physique (et non pas dialectique)
qu’Aristote engage de la question trouve une nature (physis) dont il est
amené à dire qu’elle voudrait marquer la condition servile dans les
corps mais qu’elle n’y arrive pas toujours (il y a des esclaves qui ont
des corps d’hommes libres) et la physique aristotélicienne rend par là
flottante par rapport à la nature toute l’institution de l’esclavage ;
(2) l’approche économique (et non pas politique) suivie par Aristote
fait de l’esclave un ustensile qui n’appartient pas pour autant à la
sphère de la production (les esclaves ne sont pas compris d’abord comme
des ouvriers qui fabriquent une autre chose) mais à celle de la pratique
qui se limite à l’usage (par exemple le vêtement et le lit sont des
instruments dont la fonction s’achève dans l’usage que nous en faisons),
et l’économie aristotélicienne fait alors de l’esclave un auxiliaire et
une partie intégrale du maître dans l’ordre de sa praxis.
 
 
 
 
Prochaines séances : les vendredis de 15h à 18h jusqu’au 16 décembre 2011
Contact : douailler@gmail.com
Accès libre
2 décembre 2011 : 16h28 - 17h28

Séminaire de Giorgio Agamben organisé par le département philosophie
Amphi B1

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