L’école des femmes. Centenaire de l’Ecole normale sociale 1911-2011



Du 13 au 24 février 2012
AfficheHall d’exposition
 
 
 
Photographies, documents institutionnels, brochures, devoirs, mémoires, etc., viendront illustrer les différentes thématiques, d’après une expographie conçue par Mathias GARDET, historien et enseignant à Paris 8.
 
 
L’École Normale Sociale, telle qu’elle est fondée fin 1911 n’est pas au départ un centre de formation pour les travailleuses sociales, dont les différentes filières sont encore balbutiantes dans la défense de leur identité professionnelle. Elle cherche à former d’une part, des « promotrices », c’est à dire des femmes de la bourgeoisie appelées à être des collaboratrices ou des dames d’œuvres ; d’autre part, des « propagandistes », c’est à dire ou bien des jeunes femmes du peuple non militantes à qui est inculqué un enseignement professionnel et ménager et qui doivent à leur tour propager la doctrine sociale de l’Église ou bien des militantes syndicales, des ouvrières d’élites destinées à être le « levain qui fera lever la masse ». Une des causes principales défendue notamment dans le journal mensuel de l’ENS La travailleuse est celle des travailleuses à domicile, statut qui est le plus à même de garantir à la femme son rôle d’épouse et de mère au foyer tout en assurant l’apport d’un salaire indispensable à la survie des familles ouvrières. En favorisant un regroupement et une meilleure organisation de ces dernières, les fondatrices de l’école espèrent leur éviter la tentation de chercher une meilleure situation à l’usine et ainsi déserter leur domicile. À partir des années 1920, avec l’essor des syndicats féminins, l’ENS se recentre sur la formation des travailleuses sociales, dont les services sont toujours plus prisés et, en 1933, elle est une des six écoles agréées pour délivrer le diplôme d’État d’assistant(e) de service social. Depuis sa création jusque dans les années 1980, l’École Normale Sociale est dirigée par des femmes. Si le corps enseignant, les conférenciers et autres intervenants sont au départ majoritairement des hommes – de nombreux médecins et jésuites -, les monitrices désignées pour chacune des années deviennent la clé de voûte de la formation. Les fondatrices, dames d’œuvres et propagandistes de la doctrine sociale de l’Église, ont petit à petit laissé la place à des techniciennes qui revendiquent non seulement un savoir-faire mais aussi de plus en plus un savoir. Les programmes, les textes et autres supports de cours, les documents pédagogiques, les dossiers de session, les questionnaires et surtout les corrigés de devoirs et les tableaux de suivi des réponses de terrains de stage permettent au fil du temps de saisir les disciplines et ingrédients mis en œuvre pour façonner une bonne professionnelle. A partir de 1932, les études sont réparties sur deux ans, puis sur trois ans à partir de 1938, suivant désormais un programme officiel, les premières sessions organisées sous forme de cercles d’études sont peu à peu remplacées par des cours théoriques avec des notions de sociologie, d’histoire et de législation sociales et de psychologie. Dans les années 1960 elle est une des premières à avoir intégré les méthodes modernes importées des Etats-Unis du Travail social de groupe et du travail social communautaire. A travers l’histoire exemplaire de cette école, nous pouvons saisir cette « fabrique de l’assistante sociale » et réfléchir tant sur les pratiques que sur la formation en travail social.
13 février 2012 : 10h57 - 11h57

Photographies, documents institutionnels, brochures, devoirs, mémoires, etc., viendront illustrer les différentes thématiques, d’après une expographie conçue par Mathias GARDET, historien et enseignant à Paris 8.
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