L’usage des corps


Séminaire de Giorgio Agamben organisé par le département philosophie
 
 
 
 
Vendredi 28 octobre 2011

Amphithéâtre B1
 
 
 
Au cours de l’année 2011, le professeur Giorgio Agamben présente à l’université Paris 8 ses recherches en cours dans une série de séminaires publics et autres activités ainsi que dans le cadre d’un projet de partenariat européen en philosophie contemporaine qui associe l’Université Paris 8 au Center for research on modern european philosophy (CRMEP, Université Kingston) et à l’Internationales Kolleg für Kulturtechnikforschung und Medienphilosophie (IKKM, Université Weimar). Dans le premier de ces séminaires (hiver 2011) Giorgio Agamben a abordé la question d’une "archéologie du commandement et de la volonté". Le deuxième (printemps 2011) a porté sur "La naissance des règles" et a pris pour thèmes les règles monastiques, la pauvreté et la forme de vie de Basile à François. La première séance du troisième séminaire a introduit vendredi 14 octobre la question générale d’une ontologie de l’usage. Ayant rappelé la stratégie précédemment étudiée par laquelle les Franciscains avaient fait de l’usage une notion leur permettant de revendiquer une vie hors droits (et notamment en dehors du droit de propriété), Giorgio Agamben a repris cette année la notion à partir de la théorie aristotélicienne de l’esclave dont Aristote dit qu’il est celui dont l’oeuvre (ergon) est l’usage du corps (sômatos chresis). Soulignant les précisions aristotéliciennes qui font de la relation du maître à son esclave une relation de commandement despotique (économique et non pas politique) laquelle contient quelque chose de la relation de l’âme au corps (et non pas de la raison à l’intellect), et s’appuyant sur la lecture de V. Goldschmidt ("La théorie aristotélicienne de l’esclavage et sa méthode" Zetesis,Utrecht 1972) qui a établi qu’Aristote procède à cette occasion depuis l’essence vers l’existence pour se demander s’il existe un corps pour correspondre à la définition, Giorgio Agamben propose de se pencher sur une double particularité : (1) l’approche physique (et non pas dialectique) qu’Aristote engage de la question trouve une nature (physis) dont il est amené à dire qu’elle voudrait marquer la condition servile dans les corps mais qu’elle n’y arrive pas toujours (il y a des esclaves qui ont des corps d’hommes libres) et la physique aristotélicienne rend par là flottante par rapport à la nature toute l’institution de l’esclavage ; (2) l’approche économique (et non pas politique) suivie par Aristote fait de l’esclave un ustensile qui n’appartient pas pour autant à la sphère de la production (les esclaves ne sont pas compris d’abord comme des ouvriers qui fabriquent une autre chose) mais à celle de la pratique qui se limite à l’usage (par exemple le vêtement et le lit sont des instruments dont la fonction s’achève dans l’usage que nous en faisons), et l’économie aristotélicienne fait alors de l’esclave un auxiliaire et une partie intégrale du maître dans l’ordre de sa praxis.
 
 
 
 
Prochaines séances : les vendredis de 15h à 18h jusqu’au 16 décembre 2011
Contact : douailler@gmail.com
Accès libre
28 octobre 2011 : 16h35 - 17h35

Tout au long de l'année 2011, le département philosophie et le laboratoire des Logiques contemporaines de la philosophie accueillent comme professeur étranger invité le professeur Giorgio Agamben.
Amphi B1

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