Laboratoires juniors & résidences d’artistes en laboratoires 2026



Mis à jour le 21 mai 2026
En 2026, l’université Paris 8 lance deux nouveaux dispositifs destinés à accompagner, valoriser et renouveler ses dynamiques de recherche : les Laboratoires juniors, portés par le Collège doctoral, et les Résidences d’artistes en laboratoires, soutenues par la présidence et la Commission Recherche. Dans les deux cas, l’objectif est clair : faire émerger de nouvelles formes de production, de circulation et de partage des savoirs, en affirmant l’identité de Paris 8 comme université attentive à l’expérimentation, à l’interdisciplinarité et aux liens entre recherche, création et société.
 
Les Laboratoires juniors sont conçus comme des collectifs interdisciplinaires de recherche portés par des doctorant·es. Ce nouveau cadre vise à renforcer la formation doctorale, à accroître la visibilité de la jeune recherche, à encourager les croisements entre disciplines et entre écoles doctorales, mais aussi à soutenir l’ouverture vers des partenaires non académiques. Les projets retenus bénéficient d’un accompagnement du Collège doctoral et des unités de recherche partenaires, avec une valorisation possible dans le parcours de formation doctorale.
 
Les Résidences d’artistes en laboratoires répondent, quant à elles, à une double ambition : accompagner l’élaboration de formes sensibles à partir des savoirs produits dans les laboratoires de l’université, et renouveler les modalités de diffusion de la recherche auprès de publics variés, au-delà des cercles académiques. Ce dispositif s’inscrit pleinement dans la politique scientifique de l’établissement, à la croisée de deux axes majeurs : l’affirmation de Paris 8 comme Université des créations et le développement de formes de médiation et de valorisation plus ouvertes, plus accessibles et plus partenariales.

Laboratoires juniors 2026 : deux projets lauréats

Dans le cadre du premier appel à projets des Laboratoires juniors, le Collège doctoral a examiné trois propositions et a retenu les deux projets jugés les plus pertinents : GRIF — Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Fascismes et ALTERA — Éthique et politique de l’altérité dans les mondes contemporains.

 
Classé premier, le projet GRIF propose de repenser le concept de fascisme à partir d’une approche croisant histoire, philosophie, sociologie et psychanalyse. Il vise à clarifier les usages du terme, à analyser ses héritages et à comprendre ses transformations actuelles. Réunissant 15 doctorant·e·s issus de trois laboratoires (LLCP, IFGLab et LER), ce laboratoire junior se distingue par une approche novatrice visant à clarifier les significations, héritages et formes contemporaines du fascisme. Structuré autour de quatre axes — généalogie du concept, continuités et ruptures entre fascismes historiques et autoritarismes contemporains, technofascisme et économie libidinale du fascisme — le projet a été salué pour la cohérence de son articulation, son originalité conceptuelle et son fort potentiel de dynamique collective. 

 
Le projet ALTERA, classé second, explore l’éthique et la politique de l’altérité dans les mondes contemporains en s’intéressant à ce qui échappe aux cadres dominants du sens : l’invisible, l’inaudible et l’intraduisible. Porté par 10 doctorant·es de quatre laboratoires différents (ESTCA, LER, Section Clinique et SophiaPol), ce projet explore les limites du langage, du corps et de l’image pour exprimer l’invisible et l’inaudible. À travers une démarche interdisciplinaire mobilisant notamment philosophie, psychanalyse, sciences du langage, traduction, arts et études de genre, il entend interroger les limites du langage et de la représentation. Le programme prévoit séminaires, journées d’étude, résidences de recherche-création et productions collectives, dont un « dictionnaire vivant des intraduisibles contemporains ». L’évaluation souligne la richesse des propositions et la qualité des livrables ainsi que l’ouverture vers des partenaires extérieurs. 
 
Les deux laboratoires juniors bénéficieront d’un accompagnement institutionnel et scientifique afin de soutenir des projets collectifs innovants et ouverts, de contribuer à la formation doctorale et d’accroître la visibilité de la jeune recherche à Paris 8.

Résidences d’artistes en laboratoires 2026 : trois projets retenus


Le nouveau dispositif de Résidences d’artistes en laboratoires accompagne, pour sa première édition, trois projets qui témoignent de la diversité des dialogues possibles entre recherche et création. Pensées sur des durées allant d’un à trois mois, ces résidences doivent donner lieu à des restitutions publiques (expositions, performances, publications, rencontres) en lien avec les laboratoires d’accueil et leurs partenaires scientifiques ou culturels.
 
Au sein de l’IHTP, Pauline Peretz et la metteuse en scène Agnès Bourgeois porteront "Black towns au plateau", une résidence de recherche-création théâtrale consacrée aux black towns fondées aux États-Unis après la guerre de Sécession. À partir des œuvres de Zora Neale Hurston et Toni Morrison, le projet vise à produire une forme chorale au plateau faisant entendre les paradoxes de l’entre-soi et de l’auto-gouvernement noir. La résidence, prévue sur trois mois entre juin et décembre 2026, associe plusieurs partenaires académiques et artistiques et débouchera sur des formes de restitution publiques.
 
Porté par Céline Gailleurd avec Olivier Bohler, le projet "Pier Paolo Pasolini, paysages de Casarsa" prendra la forme d’une résidence prévue au printemps 2026. Ancré dans un dialogue entre création et recherche, il s’inscrit dans la logique même du dispositif : faire émerger, à partir d’un travail scientifique, une forme sensible capable d’élargir les modes de transmission et de valorisation des savoirs.
 
Enfin, au CIRCEFT, Séverine Kakpo et le photographe Alexandre Bagdassarian mèneront la résidence "Ici est imminent. Une cartographie sensible du narcotrafic, sa jeunesse et ses territoires", prévue du 15 septembre au 15 décembre 2026. Étroitement articulé à une recherche sur l’implication des mineurs dans le trafic de stupéfiants à Marseille, le projet entend faire dialoguer enquête sociologique et création photographique. À partir des récits recueillis dans le cadre de la recherche, Alexandre Bagdassarian développera une cartographie visuelle et sensible des lieux, des ambiances et des expériences évoqués par les jeunes, dans une démarche située à la frontière du documentaire et de la fiction. La résidence donnera lieu à plusieurs formes de restitution, parmi lesquelles des expositions, un travail éditorial et une valorisation dans le cadre même du programme de recherche.
 
Deux dispositifs distincts, mais un même horizon : faire de la recherche un espace collectif, inventif, pleinement inscrit dans le monde contemporain.

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