1mois, 1expo : Thiago Bueno Gomes - Avril 2026



Mis à jour le 23 mars 2026
Crédit photo : Thiago Bueno Gomes, Glitch de marketing
 
À partir du geste d’observation des étiquettes apposées sur nos colis, Thiago déploie une réflexion plastique et critique sur les flux invisibles qui structurent nos quotidiens. L’artiste y extrait une matière visuelle dense, où l’accumulation révèle la démesure de nos actes de consommation.

« Ces éléments visuels qui contiennent des informations lisibles uniquement par des machines, sont devenus partie intégrante du paysage domestique pendant la pandémie de Covid-19. Alors que la plupart des êtres humains restaient isolés, les colis circulaient dans les villes, acheminés par les livreurs et les algorithmes. »

A propos de l’artiste


Originaire du Brésil, Thiago Bueno Gomes est diplômé en Arts plastiques de l’UNESP, à São Paulo. Il poursuit actuellement un master en Esthétiques et pratiques contemporaines de l’art à l’université Paris 8.
 
Sa pratique s’inscrit dans une attention aux circulations des images, des objets, aux systèmes de production, et à la manière dont ceux-ci façonnent nos environnements et nos subjectivités. À travers le collage, l’archive et la composition, il interroge les formes contemporaines de visibilité : ce qui se montre, ce qui s’automatise et ce qui échappe au regard.
 
Entre le Brésil et la France, le travail de Thiago se nourrit d’expériences de déplacements et d’observation des dynamiques de consommation. Il développe une méthode fondée sur la collecte : prélever dans le réel les éléments inutilisables, destinés à la poubelle. Il récupère ce que l’on jette et révèle ce qui reste après nos usages. Cette attention au détail de l’ordinaire construit le socle de sa pratique, où l’accumulation devient à la fois une critique de nos consommations et un dispositif formel qui imite le glitch.

A propos de la série


Les séries « Glitch de marketing » (2021 - 2024), « Accumulations » (2023 - 2024), « Accumulations 5 » (2025), ainsi que « L’anniversaire d’Anna » et le « Cahier Jaune », reposent sur un protocole simple : collecter, juxtaposer, répéter.
 
Les étiquettes de colis constitués de codes-barres, de nomenclatures, de logos, de prix, de pictogrammes sont initialement conçues pour être lues par des machines, mais Thiago y extrait le langage logistique opaque au consommateur. En les accumulant, il provoque une saturation visuelle : l’information devient texture, la lisibilité se trouble et l’image se transforme en « glitch ». Les mots, privés de leurs produits, perdent leur fonction et les chiffres et références deviennent des motifs abstraits.
 
Ce déplacement formel expose ce que ces fragments condensent : toute une chaîne de production et de circulation (énergie, transport, déchets, mise au rebut). L’accumulation matérielle reproduit l’accumulation invisible de nos flux contemporains.
 
Glitch de marketing fabrique finalement un nouvel idiome visuel : une langue faite de restes, qui expose à la fois la démesure et l’intimité de nos propres consommations.

Informations pratiques

Avril 2026
Campus de Saint-Denis

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