IUF 2026 : 2 nouveaux lauréats à l’université Paris 8


Mis à jour le 15 juin 2026
Paris 8, Université des Créations, félicite les deux chercheuse et chercheur de sa communauté scientifique qui font partie de la promotion 2026 de l’Institut Universitaire de France (IUF).
 
L’Institut Universitaire de France a distingué ces enseignants-chercheurs pour la portée et la qualité de leurs travaux et les accueillera à compter du 1er octobre 2026 pour une durée de cinq ans en tant que membres juniors, lauréats au titre de la chaire fondamentale :
  • Sébastien Broca, professeur des universités, UR CEMTI
  • Giuseppina Sapio, maîtresse de conférences, UR CEMTI

Institution prestigieuse, qui favorise le développement de la recherche de haut niveau dans les universités tout en renforçant l’interdisciplinarité, l’IUF accorde aux enseignants-chercheurs nommés des moyens supplémentaires afin de soutenir leurs remarquables projets.
 
Les lauréats continuent de travailler dans leur établissement d’origine tout en bénéficiant d’une réduction de deux tiers de leur charge d’enseignement.

Sébastien Broca


Sébastien Broca est lauréat de la chaire fondamentale, en tant que membre junior, pour un projet interdisciplinaire entre sociologie, STS (science and technology studies) et sciences de l’information et de la communication. Le projet s’intitule «  L’impact environnemental de l’intelligence artificielle : production, circulation et usages politiques de la quantification ». Il aborde la quantification des impacts environnementaux de l’intelligence artificielle (IA) comme un enjeu scientifique et politique.
Le projet part de l’hypothèse selon laquelle l’IA met en tension certaines formes de connaissance et d’action par les chiffres. Il vise à comprendre sous quelles conditions cette situation peut être dépassée. Il étudiera ainsi les régimes de médiation, qui organisent la production, la circulation et les usages politiques des mesures de l’impact environnemental de l’IA. Il s’agit de répondre à des questions comme : est-il possible de s’accorder sur des conventions scientifiquement pertinentes pour mesurer la consommation énergétique ou en eau des différentes formes d’IA ? Ces chiffres sont-ils utiles et/ou nécessaires pour faire exister ces préoccupations environnementales dans l’espace public et réglementer les technologies en question ?

Giuseppina Sapio


Giuseppina Sapio est lauréate de la chaire fondamentale de l’Institut Universitaire de France, en qualité de membre junior, avec un projet intitulé « Datafeminicide : produire, comparer et politiser les données sur les féminicides en Europe ». Celui-ci part d’un constat simple et pourtant déterminant : compter les féminicides ne relève pas seulement d’un enjeu statistique, mais d’un processus politique, médiatique et épistémologique qui conditionne la reconnaissance des victimes et de leur « pleurabilité », et l’action publique. En articulant études sémiotiques, data studies et épistémologies féministes, le projet propose un cadre inédit pour penser — et standardiser — la production de données sur les féminicides à l’échelle internationale. Pour cela, une enquête de terrain sera réalisée afin d’analyser et comparer les dispositifs de comptage institutionnels, militants et journalistiques en France, en Italie, aux Pays-Bas, et au Royaume-Uni, avec l’objectif de contribuer à une harmonisation des données et à la production d’un protocole européen de référence, renforçant la capacité des pouvoirs publics à prévenir et lutter contre les violences de genre.

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