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  • Lori Maguire, mention LLCER

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    Lori Maguire

    Lori Maguire est maître de conférences, spécialiste de l’histoire politique des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Elle est responsable de la mention Langues, Littératures et Civilisations Étrangères et Régionales (LLCER), qui accueille tous les curieux des langues et civilisations étrangères.

     

    Pouvez-vous nous présenter votre parcours avant de rejoindre Paris 8 ?

    Tout d’abord, je suis américaine ! Je viens de New-York, mais j’ai effectué mon doctorat en Grande-Bretagne. Lorsque je suis arrivée en France, j’ai enseigné dans plusieurs universités. J’ai d’abord été lectrice à Paris 4, puis maître de conférences dans plusieurs universités avant d’arriver à Paris 8. J’y suis depuis douze ans désormais.

     

    Vous êtes spécialiste de l’histoire politique du Royaume-Uni et des États-Unis. Quelles sont les recherches qui vous occupent actuellement ?

    Je m’intéresse surtout à l’histoire culturelle et diplomatique. Je me suis notamment penchée sur les relations entre la France libre, la Grande-Bretagne et les États-Unis pendant la seconde guerre mondiale. Depuis récemment, je me focalise sur le cinéma et la télévision. Enfin, je me suis lancée dans des recherches portant sur la France et la guerre américaine en Indochine, et notamment le rôle de la France après la bataille Diên Biên Phu.

     

    L’actualité récente aux Etats-Unis – élection de Trump notamment – et en Grande-Bretagne – Brexit – modifie-t-elle l’approche de votre discipline ou l’intérêt de vos étudiants.

    Cette actualité est terrible. Tout le monde, moi y-compris, a accueilli ces nouvelles avec stupeur. J’enseigne au sein du master MC2L (Master Médias Cultures 2 Langues), au sein duquel nous étudions les médias des pays anglophones. Nous nous y sommes intéressés au Brexit. Je donne également un cours intitulé « Politics as entertainment » (la politique comme objet de divertissement), dans lequel nous analysons comment les hommes et les femmes politiques utilisent les médias, et la façon dont les médias se moquent d’eux. Les étudiants ont donc le droit à des extraits du Saturday Night live d’Alec Baldwin, dans lequel Donald Trump, notamment, est constamment tourné en dérision.  

     

    Présentez-nous la mention LLCER dont vous êtes responsable.

    La mention LLCER comprend quatre parcours. Pour chaque langue – anglais, arabe et espagnol –, nous n’étudions pas uniquement la langue mais aussi l’histoire, la science politique, la littérature, etc. Le dernier parcours est une nouveauté : il s’agit d’une licence européenne permettant de travailler une langue étrangère européenne (qui n’est pas l’anglais), et de s’exprimer clairement dans une ou deux autres (anglais obligatoire). Elle existe depuis trois ans. Notre diplôme donne donc la possibilité de connaître en détail soit la spécificité de certaines aires culturelles. Par ailleurs, les étudiants effectuent un petit stage à partir de la L2. Mais il existe un diplôme de LEA (Langues Etrangères Appliquées) plus professionnalisant. 

     

    J’imagine que les étudiants sont encouragés à partir étudier à l’étranger ?

    Bien sûr ! Nous aimerions dans l’idéal que tous puissent avoir la chance de partir à l’étranger. Malheureusement, et malgré les aides, tous les étudiants n’ont pas forcément les moyens de cette opportunité. Ceux qui partent vont majoritairement dans les pays européens et arabes. Nous avons lancé récemment l’Association des Etudiants en Langues de Paris 8 (AELP8), association loi 1901, visant notamment à promouvoir les activités culturelles en lien avec les différentes aires culturelles et à tisser des liens entre les étudiants d’autres langues et cultures étrangères à l’intérieur de l’UFR LLCER-LEA et à l’extérieur de l’Université Paris 8. J’espère que cela pourra nous permettre d’organiser, pourquoi pas, des voyages d’études. Généralement, nos étudiants se dirigent vers l’enseignement mais pas uniquement. Par exemple, nous avons des liens avec le Pôle Emploi Roissy, OPCALIA, et la Maison de l’Emploi du territoire de Plaine Commune, notamment car les aéroports et les compagnies aériennes peinent à trouver des anglophones de haut niveau. Sinon, ils sont un certain nombre à travailler dans la traduction et dans les médias. De manière générale, pour réussir, les étudiants doivent nourrir une curiosité pour les langues et les civilisations, et en quelque sorte avoir envie de « voir le monde ». Et il est évidemment très important d’aimer lire, car nous étudions beaucoup au travers de la littérature. Nous travaillons uniquement en petits groupes car les amphithéâtres ne sont pas adaptés à l’enseignement des langues étrangères. Les étudiants sont ainsi moins intimidés, ils n’hésitent pas à poser des questions et cela les aide à assimiler plus facilement. 

     

    Dans le cadre de vos recherches, vous avez étudié la science-fiction. Pouvez-vous nous expliquer dans quel contexte ?

    Tout d’abord, j’adore la science-fiction ! Dans les années 1950, une grande intellectuelle américaine, Susan Sontag, avait remarqué combien le cinéma de SF était marqué par les préoccupations de tout un pays concernant les expérimentations nucléaires. À ce moment, au plus fort des tests atomiques, des résidus radioactifs avaient été retrouvés dans les dents de bébés. Comme par hasard, d’énormes monstres ont commencé à peupler les films de science-fiction. Lorsqu’on a peur, le réflexe psychologique est de transférer cette peur dans un avenir plus ou moins proche. Par exemple, dans la dernière déclinaison cinématographique de La Planète des Singes, qui s’intéresse aux relations entre les hommes et les singes, certaines scènes nous font penser aux événements tragiques qui se sont déroulés à Charlottesville. Je vais prochainement publier un article dans une revue américaine, comparant le film Docteur Folamour et Neuf jours d’une année, un film soviétique de la même période, qui évoque la création de la bombe atomique par des physiciens. Il est intéressant de voir que dans le monde bipolaire de l’époque, la peur était présente des deux côtés. C’était la peur de détruire le monde entier. 

     

    Visiter le site de la mention LLCER.

    Entretien réalisé par le service communication.

     

     

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